EP 061 – Les nouveaux défis des dirigeants visionnaires

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EP 061 – Les nouveaux défis des dirigeants visionnaires

 

Les nouveaux défis des dirigeants visionnaires. La plupart des dirigeants pensent que lorsqu’on a une grande ambition, au 21e siècle, elle peut se réaliser aussi facilement. Alors j’échangeais avec un ami – après que nous avions appris le décès de feu Pathé DIONE, le Président Fondateur de SUNU GROUP. Je lui demandais comment les pionniers comme Pathé DIONE, Gervais DJONDO ou encore Jean Kacou DIAGOU, Defosso KADJI, Dossongui KONE, et Paul Fokam ont réussi à créer de si grands empires, alors que cela a été fait dans les conditions technologiques les plus basiques possibles. 

Mon ami expliquait : “Ils n’ont pas eu la chance d’avoir autant de MBA, d’ingénieurs ou de diplômés formés dans des écoles supérieures que nous avons aujourd’hui. Ils ont eu à faire de la comptabilité dans de grands livres et tracer des colonnes (débit/crédit) avec des décimètres.” 

J’ai essayé de remuer un peu le débat en provoquant un tout petit peu mon ami : “Mais tu sais, cher ami, il y a eu aussi des conditions favorables pour eux. Par exemple, la plupart des gens qui sortaient des écoles étaient prêts à se faire embaucher à n’importe quel prix et avec n’importe quel traitement. La réglementation n’était pas très serrée. Il fallait 1 milliard pour créer une banque et 100 millions de FCFA pour créer une compagnie d’assurance. Les coûts technologiques, dont la cybersécurité et la protection des données, n’étaient pas aussi pesants qu’aujourd’hui. Et en tant que pionniers, ils avaient en face des gouvernements et des régulateurs qui étaient moins regardants s’ils ne les soutenaient – parce qu’ils étaient des champions/champignons rares.” 

Mon ami m’a fait comprendre que je n’exagérais pas dans mes propos. Mais chaque époque a ses contraintes et ses opportunités. Et d’ailleurs dès le début, nous avons mentionné le caractère exceptionnel des réalisations des pionniers. 

Mauvaise nouvelle. Tous ceux qui ont décidé de les copier de l’extérieur (voire de l’intérieur) – sans savoir exactement comment on réalise une vision dans des conditions aussi difficiles que ce qu’ils avaient à l’époque – se sont cassé la figure tout aisément. En les étudiant et en m’inspirant des pionniers, il me semble qu’aujourd’hui, pour réaliser une vision, quelques facteurs clés sont devenus éliminatoires, même si la plupart des gens ne s’en rendent pas compte. 

DEFI #1 : L’adhésion des salariés  

 

C’est facile de dire que les choses étaient simples auparavant mais la question est de savoir combien d’entreprises privées faisant plus de 10 milliards en pouvant payer à un Directeur Financier 1 million ou 1.5 millions de salaire y avait-il en Côte d’Ivoire dans les années 90 voire les années 2000. Par combien ce nombre est multiplié aujourd’hui ? Je ne parle pas de la surenchère salariale qui fait qu’avec moins de 2 millions, il vous est presqu’impossible de débaucher un Directeur du secteur des assurances au Sénégal – par exemple. 

Il fut un moment où le fait d’offrir plus de 1 million de salaire était assez exceptionnel pour obtenir l’adhésion des salariés. Aujourd’hui, non seulement ils ont le choix : 

  1. Ils n’ont pas besoin de travailler (leurs parents sont riches).
  2. Ils aspirent à se mettre à leur propre compte.
  3. Les offres exceptionnelles qui les attirent lorsqu’ils ont un BAC+ 4 et 5 ans d’expériences sont supérieures à 1.5 millions (même lorsqu’ils ne sont pas directeurs).

Pire. Les salariés sont de plus en plus tournés vers une recherche de bien-être et d’accomplissement personnel que l’obligation classique d’avoir un travail et un salaire et n’adhèrent plus bêtement. Ils peuvent immigrer au Canada. Il faut de nouvelles offres pour les attirer et les avoir avec soi. 

DEFI #2 : LA CONDITIONNALITE  

 

Encore une fois, je n’ai pas dit que les choses étaient faciles pour les pionniers. D’ailleurs, ils ont dû tout créér. Amadou DIAW, qui a été l’un des pionniers de l’enseignement supérieur privé au Sénégal et dans l’espace UEMOA raconte souvent comment il y avait une inexistence de réglementation et qu’ils ont dû s’asseoir avec le Ministère de l’Education Nationale pour créer une loi cadre de l’enseignement supérieur privé au Sénégal, par exemple…Ce qui est un grand mérite. 

C’était déjà très compliqué à l’époque…Aujourd’hui, les conditions à remplir sont encore plus corsées…On ne parlera pas ici de la règlementation qui est plus corsée ni des nouvelles exigences des clients et du banquier…des salariés…Il y a trop de conditions à remplir pour prospérer sur un marché et atteindre ses objectifs stratégiques…  

En effet, la plupart des dirigeants sous-estiment le nombre de conditions à remplir pour réaliser une vision et la plupart des dirigeants n’y sont pas prêts ni préparés. Si vous me demandez comment on sait qu’il y a plus de conditions qu’on en sait , je répondrai qu’il faut voir si on est en train d’atteindre ses objectifs dans les délais. Sinon se demander ce qu’on a fini par faire pour y arriver et ce qu’on devrait considérer et faire – au minimum – désormais pour y arriver. C’est à ce niveau que tout le monde finit par constater qu’il y avait plus de conditions qu’on en avait vu au départ… 

Du coup, celui qui se lance doit savoir qu’il y a plus de conditions qu’il ne sait…Il doit étudier, consulter, vérifier, challenger le statu quo, questionner ses inefficacités…et identifier au fur et à mesure les conditionnalités…Et surtout benchmarker, tenir compte des particularités – implémenter assez vite pour savoir ce qu’il faut optimiser. 

DEFI #3 : LA TECHNOLOGIE 

 

Comment WAVE arriva-t-il à perturber sur plusieurs marchés le modèle de revenu de Orange et MTN ? Grâce à la technologie…et bien d’autres innovations…Mais d’abord grâce à une application mobile facile à installer et beaucoup de SEA et de Buzz sur les réseaux sociaux…Ils avaient une armée de guerriers numériques, à l’époque où les conditions de publicités et de désinformations sur FACEBOOK étaient assez « larxistes ». La plupart des gens mentionnent en général le tarif…Mais beaucoup de FINTECH ont une tarification plus abordable que WAVE mais n’ont jamais fait trembler en tant que tel les géants des télécoms…Les vagues se sont calmées pour ces opérateurs maintenant… 

D’ailleurs puisque la technologie est facile à imiter et intégrer, c’est WAVE qui se pose des questions dès à présent quant à ce qu’elle va faire de ses effectifs pléthoriques et de la baisse de la facilité de recrutement digital des utilisateurs… La bonne nouvelle, c’est que celui qui va trouver la prochaine technologie disruptive ou un enchainement de technologies va redéfinir à nouveau le jeu… 

En effet, la capacité à utiliser la technologie pour réaliser des optimisations rapides et à forts avantages compétitifs est ce qui fait la différence lorsqu’on doit attaquer, s’installer et dominer durablement un marché.  

DEFI #4 : LA CAPACITE DE MISE EN OEUVRE :  

 

Je suis impressionné par la machine-à-lever-des fonds des STARTUPS et leurs valorisations spectaculaires…Mais je parlais avec un ami la dernière fois et je lui ai posé une question : “Lorsque Wizall, Wave, Intouch, Jamo, Julaya et Paydunya et Cinetpay arrivent à lever autant de fonds qu’elles peuvent, qu’est-ce qui ferait la différence selon toi?”. Il m’a répondu : “La capacité de mise en oeuvre”. 

Il y a une statistique qu’on a déjà entendue lors des forums, conférences, salons des entrepreneurs et autres rencontrent sur l’entrepreneuriat : “95% des entreprises créées meurent avant l’âge de 5 ans”. En général, on cite le manque de financement comme cause… Personnellement, je vois en général une seule cause…La capacité de mise en oeuvre. 

Pourquoi? Parce que je considère que lorsque vous savez mettre en oeuvre une idée, vous savez forcément mobiliser les ressources (dont le financement) pour y arriver… Les idées, les astuces, les bonnes pratiques, les stratégies? On peut les lire dans les livres, les apprendre lors des formations, entendre cela dans des témoignages…On peut prendre des notes, entendre encore et encore…Mais c’est celui ou celle qui va réussir à mettre en oeuvre qui fera la différence… C’est d’ailleurs pour cela que je donne toujours mes powerpoints gratuitement aux participants…Pourquoi? C’est le BAC canadien et la vraie vie se déroule avec les documents autorisés (la Bible, le Coran, les procédures, la réglementation, les livres et guides pratiques…). C’est celui qui applique et met en oeuvre qui fera la différence… 

En effet, Il est facile de rêver même beaucoup de gens n’ont pas le courage de rêver GRAND mais le plus important, c’est la capacité de mise en oeuvre… Beaucoup de congénères de Jean KACOU DIAGOU, Pathé DIONE, Paul Fokam, KADJI, Gervais DJONDO ont essayé de faire la même chose…Mais certains ont été rattrapés par l’incapacité à mettre en oeuvre “avec sérieux”.  

D’ailleurs beaucoup d’entrepreneurs burkinabé ont emboité le pas à Idrissa NASSA (PDG de Coris Bank International) en créant successivement leurs propres banques… On ne sait pas encore…Mais la capacité de mise en oeuvre fera la différence dans 10 ou 15 ans quand on fera le bilan…  

Tout dirigeant devrait relever rapidement ces défis et se fait accompagner pour structurer sa capacité de mise en oeuvre… Si vous êtes tenté, contactez H&C EXECUTIVE EDUCATION…C’est le travail que nous faisons là-bas avec beaucoup de succès ! 

Nous avons lancé un programme Spécial de Coaching des dirigeants…Vous pouvez en profiter pour vous faire accompagner pendant 2 ans par H&C pour devenir DG ou réussir en tant que DG… 

 

 

 

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